lundi, 16 novembre 2009

Un Film A Voir

Une sorte de nouvelle catégorie se dessine aujourd'hui, la catégorie Un Film A Voir (penser à faire des portails).

Pour inaugurer cette catégorie, je voudrai présenter un film magnifique que j'ai eu l'occasion de voir ce soir: Le Concert, un film de Radu Mihaileanu.

Le Contexte:

Pendant la période Brejnev (Léonid Ilitch Brejnev, secrétaire général du parti communiste russe entre 1964 et 1982, principalement connu pour l'amorce d'un retour au calme dans les relations internationales grâce à une réforme du parti communiste et un adoucissement des lois en vigueurs dans le pays), Andreï Filipov, un célèbre chef d'orchestre qui dirige le non moins célèbre orchestre symphonique du Théâtre Bolchoï (Большой Театр) à Moscou, est considéré comme le plus grand chef d'orchestre d'URSS. Seulement, Brejnev ordonne la déportation des membres juifs de l'orchestre et Andreï Filipov ose s'opposer à cette décision et joue le concerto pour violon n°35 de Tchaikovsky. Lors de la représentation, un membre du parti monte sur scène et stop l'orchestre, il brise la baguette du maestro, lui signifiant qu'il est licensié. Le film débute 30 ans après, alors que Filipov, un bonhomme mal dans sa peau, en période de sevrage de l'alcool, déprimé et dans un triste état, est devenu l'homme à tout faire du Bolchoï. Le film s'ouvre sur un image de lui à l'opéra, en train de diriger l'orchestre, on s'aperçoit quelques secondes après qu'il est en tenue de travail, avec son balai et ses sots.

L'Amorce:

Alors qu'il astique tard le soir le bureau du directeur du théâtre en l'absence de celui ci, un fax de la part du théâtre du Chatelet, à Paris, arrive invitant l'orchestre du Bolchoï à venir y jouer. Andreï à conserver de nombreux amis ou relations de l'orchestre de son époque, il décide donc dans un coup de folie de supprimer toute trace de ce fax ou d'éventuels émail, ils brouillent les pistes et contacte le Chatelet pour négocier l'arrivée du Bolchoï, de SON bolchoï...

L'Avis:

Malgré un début assez long (mais pas ennuyeux), ce film nous emmène dans une multitude de voyages, tout d'abord celui d'une troupe de troubadours russes n'ayant plus joué depuis 30ans et qui se donnent comme défi d'aller à Paris en tant que le Bolchoï, l'orchestre symphonique le plus réputé de Russie; mais aussi le voyage d'un homme dans son passé, le voyage à travers la musique de tchaïkovski, un voyage dans le régime soviétique et encore un voyage d'une femme à travers son passé. C'est un film vraiment magnifique que ma compagne et moi avons vraiment apprécié et plus qu'apprécié. Parfois très émouvant, très drôle aussi, presque burlesque. On a rit, on a pas tout à fait pleuré mais presque...vraiment un film qui mérite d'être vu au cinéma.


Trailer:

Voici les différentes vidéos dont la bande annonce:

La Bande Annonce

Le Teaser n°1

Le Teaser n°2



jeudi, 05 novembre 2009

Claude Levi Strauss

Depuis hier, ça n'arrête pas, les gens m'interpellent dans la rue, la foule me hue, je reçois des coups de téléphone mystérieux, des lettres anonymes de menaces (mais surtout de ma famille), les insultes filent au dessus de moi et je ne cesse d'essayer d'esquiver les coups, je suis obligé de me terrer dans ce lieu serein pour éviter peut être la mort! Lorsque ce n'est pas un petit étudiant hautain à l'air vif et pernicieux qui me le demande, c'est un vieux prof rabougris, lorsque ce n'est pas la secrétaire de l'UFR, c'est un ami:

"Cassandre! Pourquoi n'as tu pas écris d'article sur la mort de Claude Lévi Strauss bordel! Mais où va le monde! Mais que faisais tu ce jour là? Que fait la police! Arrêtez-le! Cet homme est fou!"

Alors c'est décidé, je vais le faire, ça y est je le fais:

Claude Lévi Strauss est mort d'un arrêt cardiaque, le week-end dernier au dernière nouvelle...et là, tout le monde croit que ma phrase est finie mais c'est sans compter que malgré sa mort, le monde ne c'est pas arrêté de tourner...il est mort oui, c'est dommage pour lui, je le regrette, je le regrette tout comme je regrette les 51 482 378 autres personnes qui sont mortes cette année dans le monde dont 11 426 136 personnes mortes de maladies infectieuses cette année, 533 808 mères décédées lors de l'accouchement cette année, 1 726 871 personnes mortes du SIDA cette année, 9 341 559 enfants de moins de 5 ans morts cette année, 6 432 341 personnes mortes du cancer cette année, 854 095 morts de la malaria cette année, 907 476 suicidés cette année ou encore les 1 075 628 morts sur la route cette année et tout comme vont mourir les 32 669 058 nouveaux infectés par le VIH cette année.

Alors, M. Claude Levi Strauss, vous qui avez vécu 100 ans, presque 101, vous qui avez été un symbole de tolérance et d'esprit, vous qui êtes maintenant mort, excusez moi de ne point être triste, ce n'est pas que je ne vous aime pas, juste que votre mort passe bien inapercu aux yeux de ceux qui souffrent vraiment. Merci de ne pas m'en tenir rigueur.

 

Cordialement,

Cassandre


La Question de L'origine

En philosophie contemporaine,  il ne va pas de soi de parler de l'origine. L'origine est souvent connotée mythologie car les mythologies, autant qu'elles soient, sont toutes des récits de naissances, la mythologie est entre autre obsédée par la généalogie, les lignées. La philosophie critique donc l'origine. Derrida aura une théorie « de la déficience originelle ».  Si l'on entend l'origine comme on peut la concevoir la plupart du temps, c'est-à-dire comme ce qui engendre quelque chose, Derrida dira qu'il y a un « défaut d'origine ». C'est-à-dire qu'il n'y a pas de 1er évènement fondamental. Ce qui s'y substitue c'est le « dérivé », « l'artificiel ». C'est une structure de renvoi permanent, la « différance » c'est-à-dire l'acte de différé, « le délai originelle ». La philosophie accepte cette théorie.

Comme la question de l'origine reste un sujet épineux et auquel on a beaucoup de mal à répondre, on préfère l'éviter. C'est l'Empirisme a trouvé un moyen de l'éviter grâce à l'observation de constantes.

On peut valider un troisième concept d'origine : Ce n'est pas un évènement premier ; ce n'est pas le principe de tout, c'est le primitif, à la fois l'origine et le fondement. L'origine dans le sens de ce qui détermine ce qui est.

On est sorti de la mythologie, on est bien dans la théorie du « principe ». Si on revient aux éléments premiers, on pourra expliquer tout le reste qui en découle (méthode de Descartes, il n'a rien inventé). A la fois principe générateur et principe explicatif.  On parle alors du Proto-langage, non dans le sens d'un langage pauvre et rudimentaire mais comme essence pure du langage. Son évolution est donc une dégradation. Dans le proto-langage, il n'y a que la vérité du langage.

La finitude de l'homme nous oblige à penser une origine possible. On ne connait pas cette origine et elle ne nous intéresse pas. Il nous suffit de faire l'hypothèse d'un état originel. C'est un concept de l'anthropologie. On  nomme origine ce qu'il reste du primitif dans ce qui est déjà devenu. Ce qui n'a pas changé alors que tout évolué. On approche alors une notion de survivance dans le développement de la société. L'origine c'est ce qui se maintient dans l'homme. C'est le 4eme concept d'origine que la philosophie propose.