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lundi, 22 octobre 2007

Ne vous Moquet pas !

Par Louis

Grande journée nationale décrétée par notre cher président : aujourd'hui nous célèbrerons tous la Résistance à travers un jeune garçon communiste fusillé à 17 ans, telle était sa volonté. Très bonne idée, bravo Nicolas, merci pour tout. Nous lirons ensuite une lettre qu'il avait écrite à sa maman, Nicolas dixit. Bien, très bien,, pensions-nous, jusqu'à ce qu'on nous la lise, la fameuse lettre... Eh bien ? Qu'a t'elle ! ? Rien, c'ets bien là le problème. Rien du tout. Tout ce qu'il y a de plus banale et plate. Non qu'elle soit sans intérêt, c'est une très belle lettre d'un enfant à sa mère. Point. Ca s'arrête là, il n'y a vraiment pas de quoi en faire une lettre nationale, lue et relue, apprise par coeur, récitée, adorée, sacralisée. Elle a du faire très plaisir à sa mère. Je voyais plutôt quelque chose dans le genre Aragon, Manouchian ou Char pour fêter ce genre d'événement, mais ça n'a pa sl'air du goût de Nicolas, trop violent, trop polémique, trop intelligent, trop dangereux pour une manipulation, récupération politique...

( le texte : "Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !")

Commentaires

Belle lettre...De notre côté, j'avais prévenu que je quittai la salle si jamais on me lisait cette lettre. Par protestation, nos professeur ne nous ont pas lu la lettre le jour où ils le devaient. Youhou...heureusement qu'il reste des personnes éduquées sinon on serait dans la merde...

(Comment ca on est quand même dans la merde?)

Ecrit par : Cassandre | jeudi, 25 octobre 2007

Je sais pas si je suis pour ça...
D'un côté, si c'était leur devoir, ils auraient dû le faire...

Ecrit par : Louis | vendredi, 26 octobre 2007

Non, tout d'abord parce qu'avoir des devoirs c'est aussi savoir les contester et puis parce qu'au lieu de faire ca, nous avons fait cours. Que vaut il mieux? Lire une lettre sans intérêt ou bien se préparer aux exams?

Bien que les profs ont outrepassé leur fonction, ils ont montré qu'ils n'étaient pas dupes.

Ecrit par : Cassandre | samedi, 27 octobre 2007

Il y a le droit de disctuer, nécessaire en démocratie, mais il y a le devoir d'appliquer les décisions de la majorité quand elles ont été prises.
Cette question n'ouvre pas lieu à des débats sur l'efficacité ou non du cours ou de la lettre : c'était leur devoir.

Ecrit par : Cassandre | samedi, 27 octobre 2007

Hum...il me semble que l'on a fait un article ici même signalant qu'il existait un autre devoir: celui de désobéir.
Lorsque l'on considère que la loi est impertinente, on a le devoir d'y désobéir.

De plus, il n'y a eu aucun vote pour ce genre de décision, seulement la décision d'un homme, élu à la majorité, certes, mais ca ne lui donne pas le droit de décider de n'importe quoi n'importe quand.

Ecrit par : Arnaud | dimanche, 28 octobre 2007

Le droit de désobéissance civile est tellement important qu'il ne peut, et ne doit, être appliqué dans des situations très graves, pas lorsqu'on n'a pas envie d'entendre une lettre, quelque dénuée de qualités littéraires qu'elle soit.

Ecrit par : Cassandre | dimanche, 28 octobre 2007

heureusement que les professeurs ont encore la liberté des oeuvres qu'ils enseignent ;-) L'affiche rouge d'Arragon ou Liberté d'Eluard sont classiques et tellement plus instruisant sur le contexte de l'époque.

Ecrit par : elbe | mardi, 11 décembre 2007

C'est vrai, il y a des écrits de Char, aussi, qui sont bouleversants.

Ecrit par : Cassandre | samedi, 15 décembre 2007

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