mercredi, 04 novembre 2009
la Sociologie et la figure du Législateur
La sociologie doit affronter une sorte de croyance populaire selon laquelle nos actes n'ont pas d'autres raisons que celles qui sont conscientes et qui sont d'abord visibles dans l'introspection, une sorte de négation des causes que nous ne sentons pas directement. Cette croyance provient d'une double illusion. D'abord une illusion volontariste, c'est la volonté des Hommes, et en particulier des grands hommes, qui fait l'homme. D'une autre part, une illusion que l'on qualifie de légicentriste, ce sont les législateurs et en particulier les grands législateurs qui forgent l'esprit social, qui influencent durablement les sociétés.
Pour combattre celà, la sociologie montrera que l'on apporte trop d'importance à la volonté. Tout comme Spinoza veut détruire l'illusion du libre arbitre dans sa célèbre phrase de l'Éthique: "Nous croyons que nous sommes libre parce que nous sommes conscient de nos désirs et ignorant de ce qui nous détermine", la sociologie va s'attaquer à une grande illusion, même plus qu'une illusion, une figure, celle du législateur. Pas le législateur de l'Esprit des lois de Montesquieu, celui qui s'adapte aux mœurs et coutumes, qui agit comme interprète mais le législateur de Rousseau, d'Aristote: le Nomothète, le législateur tout puissant, qui va forger un peuple à son image.
Pourquoi la sociologie s'attaque t-elle donc à cette figure du législateur? Tout simplement parce que ce que veut la sociologie est incompatible avec le fait que de grands hommes aient forgé l'institution des peuples.
15:30 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sociologie, durkheim, législateur, nomothète, illusion




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