mardi, 23 octobre 2007
L'expérience du Système de Law
Nous sommes à la mort de Louis XIV, en pleine banqueroute à cause des guerres, de Versailles... Les caisses sont vides, les recettes pour les deux années suivantes sont épuisées d'avance. Le Régent, qui fait la transition entre feu Louis XIV et le futur Louis XV (5 ans), fait alors confiance à l'économiste écossais Jonh Law (prononcer "lass").
Law propose un nouveau système économique : pour qu'un pays soit riche, il faut qu'il commerce beaucoup et qu'il ait beaucoup de monnaie aussi. Pour émettre beaucoup de monnaie, le plus pratique est d'émettre des billets (le papier-monnaie), nouveau à cette époque pour le grand public. Les billets seront échangeables à tout moment contre de l'or ou de l'argent. Avec la permission du Régent, Law fonde une banque privée en 1716, après un grand succès, elle est "nationalisée" en 1718. Elle obtient alors le pouvoir de lever les impôts, ce qui permettait à l'état de reprendre tout en main et de refondre à terme le système, et la permission de gérer en exclusivité le commerce extérieur de la France (création de la Compagnie de Commerce, d'Occident, du Sénégal, de Chine, des Indes orientales, monopole du tabac, du commerce maghrébain...). Le prix des actions montait, devant tant de promesses, et le prix allait jusqu'à 40 fois le prix initial !
Mais, malheureusement, la confiance du public disparut dès le premier paiement des dividendes qui fut bien inférieur à celui qu'on avait promis, à cause des attaques d'autres banquiers et de la propagande. On vendit, de plus en plus et toujours plus vite, et le prix s'écroula. On ne fit plus confiance non plus aux billets et le public exigea leur remboursement en or et en argent mais la valeur émise dépassait largement les réserves de la banque. On interdit aux gens de se faire rembourser (on donna cours forcé). La public prit panique, la banque fit faillite, Law s'enfuit.
Mais tout ceci n'avait pas eu que des effets négatifs : la dette avait été un peu remboursée (environ la moitié), le commerce maritime avait été largement stimulé mais la confiance des gens dans le papier-monnaie et les banques en général fut ébranlée pour longtemps.
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vendredi, 12 octobre 2007
Che Guevara II
De la Guerilla à la Revolution
En Novembre 56, Ernesto Guevara part pour Cuba avec les 82 hommes de Fidel Castro sur un petit bateau nommé le Granma. Juste après leur débarquement, Batista, le président cubain, attaque le petit convoi dont il a eu vent de l'expédition. Il y meurt un nombre incroyable d'hommes de Castro, aucun chiffre exact n'a put être trouvé mais une estimation donne comme survivant seulement 20 des 82 hommes du départ.
+ Arrivé en Sierra Maestra
L'armée de Castro, tout du moins ce qu'il en reste, se cache dans les montagnes escarpées de la Sierra Maestra, de là, ils lancent le début de se qui sera une guerilla, soutenu par les paysans locaux qui souffrent du régime dictatorial et surtout de la répression engagée contre Fidel et Ernesto. La repression est organisée très arbitrairement contre les combattants et partisans réels et supposés.
Ernesto oeuvre comme médecin, enseignant et combattant au près des populations locales. Il va soigner les maladies des paysans et essayer de les alphabétiser.
La guerilla reçoit le soutien en armes et en recrue de la part du mouvement du 26 juillet, écrasé par Batista dans le sang, mais aussi des Etats Unis qui ne sont pas aux courants des penchants communistes de Castro
+ L'indiscipline dans les rangs
Le Che sera le plus intransigeant vis à vis des actes de mutineries ou d'indisciplines. Le 17 février 57, il exécutera sommairement un traitre dans l'indécision générale, faisant preuve d'un sang froid et d'une détermination sans égal. Le traitre assassiné avait donné la localisation de la guérilla, ce qui causa la mort de force soldats dans une embuscade et un bombardement. Il fut des plus clément lorsqu'il intervint devant Castro pour éviter l'exécution de certains traitres.
+ Une situation de trêve
Durant les premiers mois de 57, de part et d'autres, les escarmouches ne font que très peu de morts des deux côtés, la lutte continue. Ensuite, intervient un changement capital. En effet, le New York times parait en février. Fidel Castro avait alors accordé un interview aux journalistes de ce journal qui est le plus lu de tous les E-U. Un grand mouvement de sympathie prend de l'ampleur aux states. Il y aura une interview pour la BBC plus tard.
+ Le début des grandes actions
Le 28 mai, il est décidé par les Guerilleros d'une attaque sur la caserne d'El Uveros. Beaucoup de blessé des deux côtés mais l'attaque se termine sur une victoire des soldats de Castro. C'est alors qu'il désigne le Che pour s'occuper des blessés et scinde le groupe en deux. Commence alors une épreuve des plus grandes pour le Che. Il doit s'occuper des blessés pendant 50 jours sans le soutien de l'armée de Castro parti en avant. Lorsque Castro revient, le 17 juillet, il retrouve un groupe d'hommes sains et sauf, soignés, disciplinés et dont l'effectif s'est accru de 9 nouveaux guerilleros. Castro rescinde le groupe en deux et créé la 4eme colonne, leurre pour l'ennemi puisqu'étant en fait seulement 2eme colonne. C'est alors qu'il devient "commandante Che Guevara"
By Arnaud
01:19 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Che Guevara, Révolution, guerilla, communisme, marxisme, anniversaire
mercredi, 10 octobre 2007
Che Guevara I
A l'occasion de l'anniversaire de la mort de Che Guevara (9 octobre); par Arnaud

Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara né un beau jour de Juin, le 14 très exactement, 1928 à Rosaria en Argentine. Son destin est assez remarquable par le fait qu'il prouve qu'il n'y a pas de caractère type pour être révolutionnaire.
Né de parents riches, il étudie dans sa jeunesse la médecine jusqu'à ce qu'il prenne la décision de partir voyager dans toute l'Amérique du Sud. Il y cotoi toutes sortes de gens et entre en contact avec la pauvreté et le dénuement le plus total, situation des plus courantes à l'époque. Il y notera et y observera les inégalités les plus grandes ce qui le révolte. Il comprendra alors que seul la révolution peut modifier cet état de fait. Il choisit alors de pousser sa connaissance du Marxisme. Il part de nouveau en voyage au Guatemala, état qui, peut de temps avant, avait entreprit une série de réformes, qui l'intéréssait au plus haut point, impulsait par son président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé par un nouveau coup d'état de la part des Etats Unis, tout du moins, financé par ceux la. Ensuite, il va rejoindre un mouvement révolutionnaire dirigé par Fidel Castro lui même: le mouvement du 26 juillet. Ils combattront côte à côte pendant 2 années suite à quoi le groupe prendra le pouvoir sur Cuba. Pendant ses années de guerilla, le Che deviendra commandant. Le président Cubain de l'époque, le dictateur Fulgencio Batista sera renversé en 1959. Il va alors occuper un poste de ministre au sein du nouveau gouvernain cubain dont celui de ministre de l'industrie où il échoue. En même temps, il écrira de nombreux essais politique sur la guerilla et la révolution.
Enfin, il quitte Cuba en 1965 comptant étendre l'idéologie révolutionnaire jusqu'au Congo puis en Bolivie où il décèdera, exécuté par l'armée Bolivienne à la solde de la CIA.

[Suite Demain]
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lundi, 25 juin 2007
Sacco et Vanzetti
Dans les années 1920, la situation est dure aux EUA, et les grêves se multiplient. Les grêves et les syndicats, qui fleurissent. Les mouvements d'extrême-gauche sont très populaires comme le communisme ou l'anarchisme. Des attentats politiques se produisent de plus en plus souvent des maires sont assassinés, des banques cambriolées au nom de l'anarchisme.
C'est d'ailleurs pour cela que Nicolas Sacco et son ami Bartolomeo Vanzetti (Vanzetti et Sacco, sur la photo) sont trainés en justice le 5 mai 1920. On les accuse d'avoir commis deux braquages, dont un avec double homicide. Les deux hommes sont des anarchistes convaincus, et des immigrés italiens, ce qui amène de nombreux soupçons (infondés) sur eux. En effet, il s'avère que leur juge, qui n'aime ni les immigrés, ni les anarchistes, est particulièrement partial.
C'est pour cela que, sans avoir de preuve réelle, il les condamne tous deux à la peine de mort. Un immense mouvement de solidarité s'élèvera dans le monde entier, avec même de nombreuse spressions diplomatiques, mais le juge se refusera toujours à réouvrir le dossier. Même lorsqu'un bandit avouera avoir fait les deux braquages, le juge ne voudra pas disculper Sacco et Vanzetti, et condamnera ce troisième à passer sur la chaise électrique avec les deux autres, le 23 août 1927.
Cinquante ans plus tard, la justice américaine les absout. Voilà ce que déclara Vanzetti, juste avant de passer sur la chaise électrique : "Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poisson, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe."
14:25 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, histoire, sacco vanzetti, culture générale, anarchisme, extrême-gauche, états-unis
jeudi, 21 juin 2007
La Journée des Dupes
Par Louis
Depuis de nombreuses années, Richelieu, aidé par la Reine Mère Marie de Médicis et le parti Dévot, lutte contre les protestants en France. Seulement, pour des raisons politiques, le premier ministre veut s'allier aux protestants allemands contre les Habsbourg d'Autriche pour les affaiblir, ce qui déplaît considérablement aux dévots.
Novembre 1630, Louis XIII est très malade. Faible et alité, la reine mère réussit à le convaincre de répudier son ministre Richelieu, la date est officiellement fixée au 10 novembre. Pour l'empêcher de se défendre, les dévots ferment toutes les portes du Palais du Luxembourg (où réside Louis XIII) à Richelieu mais celui-ci passe par une porte dérobée et s'explique avec le Roi.
Le 10, Louis XIII sort de son Palais et, devant Richelieu, tourne ostensiblement les talons. Le parti Dévot, alors sûr de gagner croit en sa victoire et tous s'agenouillent devant la Reine. En fait, dans l'après-midi, le Roi restitue Richelieu dans ses fonctions et exile sa mère et ses partisans de France, où elle mourra dans l'oubli et la misère.
La mise au pas de la cour et des grands continuaient, et annonçait l'absolutisme de Louis XIV...
19:15 Publié dans Culture Générale, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, journée des dupes, absolutisme, louis xiii, louis treize, richelieu, 10 novembre 1630
jeudi, 14 juin 2007
Pensée pour la Rose Blanche !
Par Louis
Voilà, je voulais juste qu'on pense un peu à Sophia Scholl, adolescente allemande qui a résistée aux nazis et, avec un courage immense, a lancé des tracts dans la cour de son université, à Munich, en plein jour.

Dénoncée par le concierge, elle sera arrêtée avec son frère par la Gestapo, jugée en trois heures et décapitée à la hache. Elle affrontera son supplice avec beaucoup de courage, elle avait 21 ans.
20:55 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : histoire, politique, nazi, extrême droite, patriote, sophie scholl, résistante
jeudi, 07 juin 2007
La Cinquième sous Mitterrand
Par Louis
Mitterrand monte donc au pouvoir en 1981 et, malgré qu'il ait été un adversaire féroce du système de la Cinquième République (il a écrit à ce propos Le Coup d'Etat Permanent), il se soumet et accepte de faire un compromis et d'adhérer au projet que les Français ont choisi. La soir du second tour, le climat est très festif, la population est très favorable à Mitterrand. Profitant de ce climat, il dissoud l'Assemblée, ce qui donne la majorité à la gauche. Mitterrand veut, à son tour, changer le mode de scrutin des législatives, et le remettre à la proportionnelle. Il se choisit pour premier ministre Mauroy, et forme un gouvernement avec des socialistes et des communistes.
Il va appliquer les propositions qu'il avait faites dans sa campagne : les nationalisations (Thomson, Brandt, le Crédit Lyonnais...), la décentralisation (il crée 22 régions), l'abolition de la peine de mort... Il prend des mesure économiques comme l'augmentation du SMIC et de tous les minima sociaux, il fait passer les congés payés à 5 semaines, il fait la semaine des 39 heures, la retraite à 60 ans, il crée 55000 nouveaux emplois dans l'administration... Par ces mesures, il réussit à relancer la consommation de manière assez spéctaculaire mais les Français consomment en majorité de sproduits étrangers ! cela aggrave le déficit commercial de la France, provoque l'inflation, le chômage... La Franc subit des attaques spéculatives, et l'on est forcé de le dévaluer... L'année 82 est inquiétante, et en 83, il crée de nouveaux impôts, il bloque les prix et les salaires, ce qui rend le gouvernement de plus en plus impopulaire... En 1984, Mitterrand veut mettre fin aux écoles privées, mais l'opposition est trop forte, il doit changer de gouvernement, et place Fabius premier ministre. Celu-ci, plus classique, réussit le premier à stopper l'inflation mais le chômage reste élevé...
En 86, les législatives sont gagnées par la droite, et c'est Chirac qui devient premier ministre, c'est le premier cas de cohabitation. Chirac va privatiser beaucoup d'entreprises, des attentats terroristes vont être commis contre la France et une réforme sur les lycées et facultés, rejetée par la population, tous ces événement vont largement contribuer à baisser sa popularité, tandis que Mitterrand, effacé, remonte peu à peu...
En 1988, aux nouvelles élections, c'est Miterrand qui gagne, il nomme Rocard premier ministre, mais un conflit naîtra entre les deux hommes et, avec la Crise du Golfe en 90, avec la crise économique qui suit, Rocard démissionne en 91. C'est Edith Cresson (première et seule femme premier ministre jusqu'à ce jour) qui prendra sa place, mais qui part l'année d'après, en 92, remplacée par Beregovoy. Le chômage monte, il atteint les trois millions... Les élections législatives de 93 donnent encore une fois la majorité à la droite, Balladur devient premier ministre... Encore populaire en 95, il se présente contre Chirac et Jospin, avec le succès qu'on sait...
Pour finir, on peut remarquer que notre système politique est unique en EUrope, une sorte de "monarchie présidentielle", moins qu'aux EUA, certes, mais quand même... Le problème du premier ministre se pose encore : quel poids a t'il réellement ? Faut-il le supprimer ? Faut-il le renforcer ?
20:30 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, politique, cinquième république, après gaullisme, pompidou, giscard d'estain, mitterrand
mercredi, 06 juin 2007
La Cinquième sans De Gaulle, l'après gaullisme
Par Louis
Comme nous l'avons dit précédemment, c'est Pompidou qui succède à De Gaulle. Pompidou se réclame du gaullisme et assume tout son héritage (à part peut-être, le cas anglais, que De Gaulle avait toujours refusé admettre dans l'Europe, ce que Pompidou fait...). Pompidou prend Chaban-Delmas comme premier ministre, un réformateur, qui veut par exemple que la télévision soit indépendante du pouvoir politique (et crée l'ORTF), il augmente les salaires des entreprises publiques ... Très vite, la majorité, conservatrice, lui est hostile, il doit s'en aller en 72. Un nouveau premier ministre est nommé : Mesmer. Avec le premier chox pétrolier (73), le chômage monte, le mécontentement aussi... Ceci fait le jeu de l'opposition et Mitterrand s'allie avec les communistes dans la lutte contre les Firmes Trans-Nationales (FTN), pour les nationalisations. En 1973,aux élections législatives, la gauche progresse énormément, sans devenir, toutefois, majoritaire. Quand Pompidou meurt brusquement en 74 (d'une maladie du sang), Chaban-Delmas se présente comme le successeur du gaullisme, Giscard d'Estain à sa droite, Mitterand à gauche (Jacques Chirac lâche alors Chaban-Delmas pour rejoindre VGE). Le premier tour laisse Mitterrand contre Giscard, c'est VGE qui gagnera...
Valéry Giscard d'Estain est un homme nouveau, c'est un nouveau style pour la France, c'est lui qui s'invite chez les gens et leur joue de l'accordéon pendant le repas... Il nommera Chirac comme premier ministre, et créera un secrétariat à la condition féminine, il fait passer la majorité à 18 ans, il fait passer l'IVG avec Simone Veil... Il est assez populaire mais en 75, à la fin des Trente Glorieuses, la France connait sa première récession (un bilan de production moindre que l'année précédante), le chômage explose. Chirac et VGE ne s'entendent pas, Chirac démissionne en 1976 pour fonder le RPR (futur UMP), ce sera Raymond Barre qui sera nommé à sa place, jusqu'en 81. Barre va tenter de faire face à la crise avec des mesures libérales, notamment en soutenant que les entreprises non rentables doivent disparaître... Cela ne marche évidemment pas, et la crise grossit, mais la gauche explose, et ne sait pas exploiter la crise... Barre se représente en 81 contre Chirac, Mitterrand et George Marchais. C'est Mitterrand qui passera, c'est le début de l'alternance politique dans la Cinquième République.
20:20 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, politique, cinquième république, après gaullisme, pompidou, giscard d'estain, mitterrand
mardi, 05 juin 2007
La Cinquième sous De Gaulle, crise, critique, chute de De Gaulle
Par Louis
Les années 68/69 sont une crise politique énorme dans toute la France. Des voix s'élèvent de plus en plus contre De Gaulle, même dans son propre parti, on le trouve trop présent, trop pesant... Les Français veulent revenir à un pluralisme politique, à des débats.
La crise politique s'appuie sur la crise économique, on touche à la fin des Trente Glorieuses, et même si le niveau de vie des Français a beaucoup augmenté, des minorités sont de plus en plus victimes de l'inflation et du chômage qui grandit peu à peu. De plus, des mouvements de contestations s'insurgent contre le principe même de cette société, la société de consommation.
Mais ce qui déclenche réellement la contestation, c'est la crise estudiantine, celle qui se transformera bientôt en Mai 68... Il faut expliquer que, dans les années 60, le nombre de bacheliers explose : on passe de 200 000 en 1960 à 500 000 en 1968. Les difficultés face à cet événement imprévu sont de plus en plus critiques : il n'y a pas assez de place dans les facultés, on construit des bâtiments très vite comme à Nanterre, en plein bidonville, ou comme le Mirail à Toulouse ; il n'y a pas assez de professeurs, on crée alors des postes nouveaux (qui perdurent toujours) ; enfin, les programmes ne sont plus adaptés, les étudiants ne sont plus les mêmes qu'avant, ils viennent de toutes les classes sociales, Fouché lancera une réforme pour sélectionner les étudiants à l'entrée des Université (qui échouera)...Le climat dans les facultés est quasiment insurrectionnel au printemps 1968 et c'est le Vendredi 3 mai que tout commence... Le président de la faculté de Naterre, excédé que les cours ne puissent pas se dérouler normalement, ferme son Université. Les étudiants en colère vont donc à la Sorbonne pour faire le meeting qu'ils escomptaient faire à Nanterre. Le président de la Sorbonne appelle la police, il y aura 500 arrestations ! Par solidarité, d'autres universités se mettent en grève, au bout d'une semaine, elles se battent quasiment toutes avec la police... Le Vendredi 10, pendant la nuit, un groupe d'étudiants d'extrême-gauche élève des barricades dans le Quartier Latin, se bat avec la police. Le lendemain matin, quand les médias filment le quartier, on a l'impression qu'une guerre civile a eu lieu ici et l'opinion publique se dit que c'est le fait des policiers et de la politique répressive du gouvernement, la gauche reçoit un grand soutien.
Le 19 mai, alors que De Gaulle compte fêter l'anniversaire des dix ans de la fin de la IVème République, ses dix ans au pouvoir, les syndicats ouvriers appellent à la grève générale et à une grande manifestation. Effectivement, la manifestation sera immense et réunira plusieurs centaines de milliers d'individus. Le gouvernement ne réagit pas et De Gaulle part malgré tout en voyage diplomatique en Roumanie. La grêve générale s'étend, l'économie française est paralysée (on estime que 12 millions de travailleurs sur 16 son en grêve) et le gouvernement, Pompidou, est contraint de négocier, ce seront les Accords de Grenelle : le SMIC augmenté de 35%, les RTT à 45heures/semaine, le droit de se syndiquer, même dans les entreprises privées... Pendant ce temps, le gouvernement ignore toujours les revendications estudiantines...
Le 28 mai, les partis s'en mêlent et organisent un grand meeting pour envisager le départ de De Gaulle. De Gaulle intervient à la télé, mais rate complètement son intervention, s'énerve, et traite ses adversaires de "chienlit". Devant cette défaite cinglante, il fuit et disparaît le 29 mai. Il revient le 30, après s'être assuré le soutien de l'armée, il annonce que c'est une minorité qui agit, il parle d'une "majorité silencieuse" et refuse obstinément de partir. Il dissout l'Assemblée Nationale et appelle à une contre manifestation qui sera un succès. La grève générale s'essouffle, les élections législatives de juin donnent raison à De Gaulle et son parti obtient 234 sièges sur 485 ! Les Français ont eu peur d'assumer la révolution, peur de la nouveauté, peur de l'inconnu...
Pompidou est alors renvoyé et remplacé par Couve de Murville. EN 69, De Gaulle prévoit deux grandes réformes : pour que les ouvriers puissent devenir actionnaires de leur propre entreprise (actionnariat populaire) et pour la création des régions administratives. Le référendum du 28 avril 69 est pris par les Français comme un référendum "pour ou contre De Gaulle ?" et votent contre, De Gaulle démissionne. A sa succession, Pompidou se déclare, Poher aussi (tous deux à droite), les communistes présentent Jacques Duclos et la SFIO, Defferre. Pompidou et Poher sont au second tour, tandis que Duclos était juste derrière, et la SFIO a fait 5% !!!!! (c'est de cette crise que naîtra le PS)
20:20 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, politique, cinquième république, de gaulle, chute, fin, mai 68
lundi, 04 juin 2007
La Cinquième sous De Gaulle, croissance et stabilité
Par Louis
La croissance bat
son plein, facilitée par l'Etat qui joue un grand rôle dans l'économie que ce soit en tant qu'actionnaire ou en planifiant l'économie... L'Etat lance ainsi le Projet Caravelle, pour concurrencer Boeing, futur Projet Concorde, le Plan Calcul pour construire des ordinateurs... Tous ces projets reçoivent de larges aides de l'Etat, et la France devient performante dans l'industrie de pointe, avec la bombe atomique, les sous-marins nucléaires. Cette croissance, et cette réussite s'expliquent notamment par la croissance démographique très forte, due surtout aux nombreux immigrés (entre 45 et 73, la population française augmente de 12 millions !) et par le marché commun européen. Le niveau de vie monte facilement et les salaires sont indéxés sur l'inflation... Mais tout n'est pas tout rose non plus dans cette France des années soixante : le taylorisme généralisé crée du chômage de plus en plus et, en 67, on crée l'ANPE, avec 300 000 chômeurs. On sent aussi monter le mal-être chez la population, comme le montre le fameux slogan de mai 68 : "Métro, Boulot, Dodo"...
Pendant ce temps, De Gaulle doit aussi s'occuper de la politique étrangère et il décide que c'est à lui que revient cette tâche (ce qui aggrave le côté présidentiel de la Vème République). Il veut faire de la France une force militaire et il la dote de la bombe H. Il veut aussi se détacher des EUA et de leur politique, il sort de l'OTAN en 66 et n'hésitera pas à critiquer par la suite leur rôle dans le monde que ce soit la Guerre du Vietnam ou le Dollar trop oppressant... De Gaulle se rapproche de l'Afrique, il forme des élites politiques pour les placer à la tête de régimes qu'il soutiendra par la suite (et qui le soutiendront) mais qui sont souvent des régimes autoritaires, corrompus, dictatoriaux...
En 65, sept ans ont déjà passés, et De Gaulle finit son mandat. Il fait semblant de ne pas se représenter pour que ses adversaires politiques se dévoilent, mais se présente quand même, au dernier moment ! A sa droite, il trouve Tixier-Vignancourt (ancien de l'OAS), au centre Lecanuet, à gauche, Mitterrand. Tout le monde pense alors que De Gaulle va passer au premier tour, mais il est forcé d'aller au second tour, contre Mitterrand.
20:20 Publié dans Culture Générale, Histoire, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, cinquième république, de gaulle, croissance, stabilité, OTAN, France














