jeudi, 05 novembre 2009

Claude Levi Strauss

Depuis hier, ça n'arrête pas, les gens m'interpellent dans la rue, la foule me hue, je reçois des coups de téléphone mystérieux, des lettres anonymes de menaces (mais surtout de ma famille), les insultes filent au dessus de moi et je ne cesse d'essayer d'esquiver les coups, je suis obligé de me terrer dans ce lieu serein pour éviter peut être la mort! Lorsque ce n'est pas un petit étudiant hautain à l'air vif et pernicieux qui me le demande, c'est un vieux prof rabougris, lorsque ce n'est pas la secrétaire de l'UFR, c'est un ami:

"Cassandre! Pourquoi n'as tu pas écris d'article sur la mort de Claude Lévi Strauss bordel! Mais où va le monde! Mais que faisais tu ce jour là? Que fait la police! Arrêtez-le! Cet homme est fou!"

Alors c'est décidé, je vais le faire, ça y est je le fais:

Claude Lévi Strauss est mort d'un arrêt cardiaque, le week-end dernier au dernière nouvelle...et là, tout le monde croit que ma phrase est finie mais c'est sans compter que malgré sa mort, le monde ne c'est pas arrêté de tourner...il est mort oui, c'est dommage pour lui, je le regrette, je le regrette tout comme je regrette les 51 482 378 autres personnes qui sont mortes cette année dans le monde dont 11 426 136 personnes mortes de maladies infectieuses cette année, 533 808 mères décédées lors de l'accouchement cette année, 1 726 871 personnes mortes du SIDA cette année, 9 341 559 enfants de moins de 5 ans morts cette année, 6 432 341 personnes mortes du cancer cette année, 854 095 morts de la malaria cette année, 907 476 suicidés cette année ou encore les 1 075 628 morts sur la route cette année et tout comme vont mourir les 32 669 058 nouveaux infectés par le VIH cette année.

Alors, M. Claude Levi Strauss, vous qui avez vécu 100 ans, presque 101, vous qui avez étez un symbole de tolérance et d'esprit, vous qui êtes maintenant mort, excusez moi de ne point être triste, ce n'est pas que je ne vous aime pas, juste que votre mort passe bien inapercu aux yeux de ceux qui souffrent vraiment. Merci.


La Question de L'origine

En philosophie contemporaine,  il ne va pas de soi de parler de l'origine. L'origine est souvent connotée mythologie car les mythologies, autant qu'elles soient, sont toutes des récits de naissances, la mythologie est entre autre obsédée par la généalogie, les lignées. La philosophie critique donc l'origine. Derrida aura une théorie « de la déficience originelle ».  Si l'on entend l'origine comme on peut la concevoir la plupart du temps, c'est-à-dire comme ce qui engendre quelque chose, Derrida dira qu'il y a un « défaut d'origine ». C'est-à-dire qu'il n'y a pas de 1er évènement fondamental. Ce qui s'y substitue c'est le « dérivé », « l'artificiel ». C'est une structure de renvoi permanent, la « différance » c'est-à-dire l'acte de différé, « le délai originelle ». La philosophie accepte cette théorie.

Comme la question de l'origine reste un sujet épineux et auquel on a beaucoup de mal à répondre, on préfère l'éviter. C'est l'Empirisme a trouvé un moyen de l'éviter grâce à l'observation de constantes.

On peut valider un troisième concept d'origine : Ce n'est pas un évènement premier ; ce n'est pas le principe de tout, c'est le primitif, à la fois l'origine et le fondement. L'origine dans le sens de ce qui détermine ce qui est.

On est sorti de la mythologie, on est bien dans la théorie du « principe ». Si on revient aux éléments premiers, on pourra expliquer tout le reste qui en découle (méthode de Descartes, il n'a rien inventé). A la fois principe générateur et principe explicatif.  On parle alors du Proto-langage, non dans le sens d'un langage pauvre et rudimentaire mais comme essence pure du langage. Son évolution est donc une dégradation. Dans le proto-langage, il n'y a que la vérité du langage.

La finitude de l'homme nous oblige à penser une origine possible. On ne connait pas cette origine et elle ne nous intéresse pas. Il nous suffit de faire l'hypothèse d'un état originel. C'est un concept de l'anthropologie. On  nomme origine ce qu'il reste du primitif dans ce qui est déjà devenu. Ce qui n'a pas changé alors que tout évolué. On approche alors une notion de survivance dans le développement de la société. L'origine c'est ce qui se maintient dans l'homme. C'est le 4eme concept d'origine que la philosophie propose.

 

Approche existential anthropologique

 

La première question à se poser devant un tel titre serait: que veut dire cette expression bizarre, pourquoi pas "existentielle"? La réponse est assez facile: parce que l'anthropologie qui nous intéresse est une anthropologie dîtes "philosophiques". Référez vous à notre article précédent pour en savoir plus là dessus. Cette forme d'anthropologie cherche donc plus à mettre en avant l'avenir de l'homme, son historicité, que son passé, ses origines. La question sera donc Coment devient l'homme?

 

Pour tenter de répondre à cette question, on va tenter de dégager un lien essentiel. Tout d'abord, on a pensé que Dieu était ce lien essentiel, dieu que l'on retrouve dans le modèle quaternaire déterminant l'existence d'Heidegger qu'il représente sous cette forme:

modèle heidegger.png

Aujourd'hui, le modèle a quelque peu changé. On propose un autre quadripartie beaucoup plus "profane". Il est constitué d'évènements qui rompent avec l'habitude, d'évènements marquant dans l'existence d'un homme moderne, le voici:

modèle moderne.png

On a toujours pensé que ce qui transcendait l'existence ne pouvait être que le monde mais le philosophe R. Avenarius et le physicien E. Mach développent un nouveau schéma anthropologique. Dans son livre Critique de l'expérience pure, Avenarius présente ce qu'il appel le "principe de coordination empirio-critique". Grace à se principe, Avenarius va tenter de dégager ce qu'il y a de commun à toutes les cultures. Il trouve un tri-partisme qu'il tire en partie de la pensée d'Heidegger (selbstwelt, mitwelt, welt; elle n'apparait qu'assez fugacement chez Heidegger) ou encore dans la pensée de Scheler:

tripartisme Avenarius.png

F. Tinland va chercher lui ce qui différencie les hommes des animaux. C'est un grand soucis de l'anthropologie. L'animal a toujours servi à l'anthropologie pour nous comparer. Pourquoi n'avons nous cesse de nous comparer aux animaux? Cela provient du fait que pendant longtemps, 70% de la population vivait à la campagne, au milieu des bêtes. Aujourd'hui, ce schéma aussi à changer, on va promouvoir un schéma dit plutôt "technologique" que "zoologique".

Aujourd'hui l'homme ne cesse de se comparer aux machines qu'il crée mais il y a eu comme un renversement du schéma. Si avant la comparaison envers les animaux étaient la plupart du temps plutôt flatteuse, avec les machines, la comparaison amène une véritable dépréciation. C'est un rapport de domination que nous entretenons avec la machine : nous pensons qu'elle nous obéit mais elle fait aussi tout mieux que nous, on retrouve cette déduction dans la pensée d'Anders, c'est ce qu'il appel la « honte prométhéenne », on assiste donc a changement axiologique puissant.

Revenons donc à nos moutons, ou plutôt nos hommes. On a constaté que l'homme est un produit de la technique. On peut alors se demander en quoi est-elle un accélérateur du devenir humain ?

 

mercredi, 04 novembre 2009

Un Combat Sociologique

La sociologie doit affronter une sorte de croyance populaire selon laquelle nos actes n'ont pas d'autres raisons que celles qui sont conscientes et qui sont d'abord visibles dans l'introspection, une sorte de négation des causes que nous ne sentons pas directement. Cette croyance provient d'une double illusion. D'abord une illusion volontariste, c'est la volonté des Hommes et en particulier des grands hommes qui fait l'Homme. D'une autre part, une illusion que l'on qualifie de légicentriste, ce sont les législateurs et en particulier les grands législateurs qui forgent l'esprit social, qui influencent durablement les sociétés.

 

Pour combattre celà, la sociologie montrera que l'on apporte trop d'importance à la volonté. Tout comme Spinoza veut détruire l'illusion du libre arbitre dans sa célèbre phrase de l'Ethique: "Nous croyons que nous sommes libre parce que nous sommes conscient de nos désirs et ignorant de ce qui nous détermine", la sociologie va s'attaquer à une grande illusion, même plus qu'une illusion, une figure, celle du législateur. Pas le législateur de l'Esprit des lois de Montesquieu, celui qui s'adapte aux moeurs et coutûmes, qui agit comme interprète mais le législateur de Rousseau, d'Aristote: le Nomothète, le législateur tout puissant, qui va forger un peuple à son image.

 

Pourquoi la sociologie s'attaque t-elle donc à cette figure du législateur? Tout simplement parce que ce que veut la sociologie est incompatible avec le fait que de grands hommes aient forgé l'institution des peuples.

Un précurseur de la sociologie: Montesquieu

Durkheim découvre chez Montesquieu la première « typologie » des sociétés. Il nous dira même que ce qu’il l’intéresse chez Montesquieu c’est qu’il a été plus loin qu’une simple théorie, il a réellement opéré une classification des sociétés. Il y a tout de même une grande différence entre Montesquieu et Durkheim, le premier donne le politique comme prima alors que l’autre donne le prima au social.

Durkheim dira que les hommes n’acceptent pas d’être traités comme des choses réglées pas des lois. Les faits sociaux et principalement les lois obéissent à un ordre déterminé et donc  susceptible d’être organisé de manière rationnelle. Montesquieu propose une nouvelle définition de la loi : « les lois, dans leur signification la plus étendu, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ». C’est une véritable révolution. Cette définition tente d’embrasser à la fois les lois de la nature mais aussi les lois sociales. La loi implique une volonté qui ordonne et une qui obéit. Elle vise une certain fin mais aussi permet de réorienter les conduites pour les réaliser car leur fins sont toujours considérées comme des biens. La loi délimite le permit et l’interdit, ce qui permet de réguler les passions du peuple, corriger ses vices. Au 17ème siècle, s’opère une dissociation entre les lois dites de « commandements » et la loi conçue comme rapport. Montesquieu rompt avec cette dualité, il semble vouloir proposer une signification rassemblant ces deux types de lois. C’est ce qu’il appel l’Esprit des légalités universelles. S’il propose une définition commune, il est loin de dire que tout le monde est soumis aux mêmes lois. Dans le chapitre 1 du livre I de L’Esprit des Lois il différencie les lois matérielles des lois des esprits ou lois morales. Les êtres intelligents ne suivent pas leurs lois comme les choses matérielles suivent les leurs puisqu’ils sont à la fois corps et esprit. Entre autre, ils ne suivent pas parfaitement les lois de la justice. L’homme doit donc être rappelé à ses devoirs. Il allie à la fois l’intelligence et une attitude borné, il est libre et pourtant passionné. Il n’est pas spontanément un être moral. Il a donc besoin de loi, d’un législateur. C’est ce qu’il appel « l’esprit des lois » qui va articuler les lois politiques et les lois rapports (de la nature). Les lois étant en rapport immanent aux phénomènes sociaux. Le but ultime de Montesquieu sera de découvrir les lois des lois.

Puisque l’homme a besoin de loi pour se souvenir de ses devoirs,  il a besoin d’un législateur c’est à dire celui qui doit donner à chaque société les lois qui lui conviennent le mieux, qui correspondent le mieux à ses passions, ses croyances… Le bon législateur, pense Montesquieu, c’est le législateur qui comprend les lois des institutions et qui y adapte sa législation. Il doit respecter la nature et les principes du peuple.

Montesquieu recherche aussi les causes mêmes des formes de sociétés. Il nous dit que les sociétés elles mêmes dépendent de causes physiques ou morales (mœurs). Durkheim sera d’ailleurs très intéressé par le rôle crucial qu’il donne au volume des sociétés (territoire ou nombre d’habitant). Montesquieu dira qu’une république convient mieux à un petit état, une monarchie a un état moyen et enfin un état despotique sera meilleur sur un vaste état. D’où vient cette classification ? Montesquieu la pense très simplement : pour qu’une république marche, il faut un petit état car le peuple étant souverain, il lui faut se connaître, se surveiller, qu’il puisse juger de l’application des lois et de la vertu des hommes ce qui est impossible dans un grand état car on y verrait de trop nombreuses dissensions. De même pour un vaste état où les intérêts se particularisent et donc où l’intérêt commun disparaît, il y a besoin d’un pouvoir fort pour regrouper les intérêts.

lundi, 02 novembre 2009

Fiche: Genre Humain

On peut se demander à quoi correspond le genre humain? Il faut entendre ici humain comme humanité et humanité moins dans son sens d'ensemble des hommes (c'est à dire en extension) mais plus comme ce qui les regroupe (c'est à dire en compréhension). Le genre humain se définit par ce qui est mu par le bien de tous, la passion. L'homme porte en lui même les critères de sa valeur. L'homme est sa propre référence.

La volonté générale appliquée au genre humain

On peut se demander s'il n'existe pas une volonté générale caractéristique du genre humain? C'est une vision que l'on rapporte au Cosmopolitisme, très proche de la pensée stoïcienne, elle constitue l'application politique et sociale de la théorie physique de la sympathie universelle (l'univers est infinie, tout y est lié et chaque partie du tout influe sur lui, le tout est donc comme en sympathie avec lui même). On retrouve cette philosophie dans le développement de Marc-Aurel, dans ses Pensées, livre 7, pensée 9. Il y a une portée pratique à cette philosophie, la vie du sage doit se mettre en accord avec ce monde, construire une logique qui lui permette de s'intégrer dans cet ordre des choses, il doit penser cosmopolitique, c'est à dire agir en « citoyen du monde »

vendredi, 23 octobre 2009

De l'Anthropologie Philosophique

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L'anthropologie philosophique est souvent liée à l'ethnologie par un a priori plutôt compréhensible. D'ailleurs on peut se demander pourquoi appliquer le terme anthropologie, plutôt destiné aux sciences sociales, en philosophie? Est ce un philosophie anthropologique ou une anthropologie philosophique? Le terme d'anthropologie philosophique n'est pas très apprécié. Par exemple, dans son introduction à l'anthropologie d'un point de vue pragmatique d'E. Kant, Foucault déclare:

"Au nom de ce qu'est, c'est à dire de ce que doit être selon son essence l'Anthropologie dans le tout du champs philosophique, il faut récuser toutes ces anthropologies philosophiques qui se donnent comme accès naturel au fondamental; et toute ces philosophies dont le point de départ et l'horizon concret sont définis par une certaine réflexion anthropologique sur l'homme. Ici et là joue une illusion qui est propre à la philosophie occidentale depuis Kant."

Le premier à utiliser ce terme est Max Scheler (1874 - 1928), il fonde même une petite école. Il crée le terme mais pas la discipline. On retrouve des traces de l'anthropologie au 18e siècle avec, par exemple, l'oeuvre de Kant citée plus haut. On peut même remonter plus loin, jusqu'à la Renaissance, époque de la redécouverte des textes grecs. L'anthropologie est permise avec l'avènement de l'humanisme et le début jaspers.jpgde la déchristianisation débutante de la pensée. Le 18eme siècle est aussi le siècle de l'émergence des sciences. Effectivement, la question anthropologique ne peut se poser qu'après ce que Nietszche appelle "la mort de Dieu", c'est à dire le moment où Dieu n'est plus le centre de la pensée.

L'anthropologie vaut pour tous les aspects fondamentaux de l'existence humaine mais elle fait souvent appelle a l'ethnologie. L'anthropologie philosophique recherche elle des traits invariants, une essence de l'homme, un a priori anthropologique. elle veut dégager "un concept d'homme". On pourrait penser que l'anthropologie philosophique s'apparante à la métaphysique mais la métaphysique constitue l'étude de l'être en tant qu'étant et non à l'homme et à son mode d'existence. La métaphysique introduit donc une notion d'essence de l'être que l'anthropologie essayera au contraire d'éviter (avec beaucoup de mal).

Entre la toute fin du 17e siècle (1680) et le début du 18e (1720), on va passer d'une pensée attachée à la religion à une pensée fortement détachée de la religion. C'est ce qui permet l'essor de l'anthropologie car elle est l'étude de l'homme sans référence à un martin_heidegger.130150115_std.jpgautre objet comme on aurait pu le faire à une époque antérieure avec Dieu par exemple.

On va alors distinguer 3 types d'anthropologie:

  1. L'anthropologie que l'on peut appeler "physique" qui étudie l'homme en tant qu'être vivant, c'est à dire d'un point de vue biologique, anatomique...
  2. L'anthropologie morale étudie l'esprit et les moeurs. Cette anthropologie donnera naissance aux sciences sociales et aux sciences humaines (Kant).
  3. L'anthropologie philosophique est une philosophie de l'existence décrivant les conditions de l'existence humaine en dehors de toute essence. C'est une description phénoménologique de l'existence humaine dont les auteurs les plus influents sont Jaspers, Scheler, ou encore Heidegger.

Fiche Philo: Cause , Raison , Motif

Encore une fois, je propose ici une fiche mémo contre les petites erreurs qui peuvent poser problèmes lors de la lecture d'un texte ou de la compréhension d'une notion.

Cause, Raison, Motif, trois mots qui semblent fort proches et pourtant...les petites nuances qui accompagnent leur définition propre sont très importantes.

La CAUSE: le sujet n'a pas de prise sur la cause d'une action, il n'y peut rien, il ne peut pas agir dessus. Par exemple, la cause de sa mort est une maladie incurable.

La RAISON: La raison s'insère dans un ensemble de calcul, la raison me pousse à agir de facon rationelle. J'ai des raisons d'agir, des croyances, des désirs, des préférences. Par exemple, la raison pour laquelle je me suis levé de mon siège est que je voulais faire du sport parce que j'aime le sport...ensemble de calculs qui peuvent être infini mais que l'on a spontanément.

Le MOTIF: le motif me tire, j'agis en vue de... Par exemple, il a eu des bonnes notes pour avoir son année. C'est une carotte.

jeudi, 22 octobre 2009

L'utilitarisme de Bentham et Mill

 


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Bentham                     J.S. Mill

 

L'utilitarisme de Bentham, et plus tard de John Stuart Mill, essaye de définir correctement la notion de moralité. L'utilitarisme déclare ainsi qu'une action morale ne doit pas nuire et doit augmenter le bonheur du plus grand nombre. Bentham n'est pas le premier à définir une action morale de la sorte.

On retrouve cette idée chez les "moralistes théologiques" comme Richard Cumberland (1634 - 1718) ou encore John Gay (1699 - 1745). Ces deux philosophes exposent plus ou moins la même pensée seulement, on trouve le plus souvent que John Gay la présente le plus clairement. L'idée générale est que chaque homme doit promouvoir le bonheur humain car c'est une obligation morale puisque c'est approuvé par Dieu (thèse de la bienveillance de Dieu que l'on retrouve chez Descartes par exemple). Ainsi, John Gay distingue quatre types d'obligations:

  1. L'ordre des choses, la nature s'impose à moi. C'est à dire que l'on peut affirmer que si je jette un objet en l'air, dans toute situation, à 180px-Richard_Cumberland.jpgn'importe quel moment, dans n'importe quelle condition, cet objet rencontrera le sol à un moment.
  2. La vertu, on dira d'un comportement qu'il est vertueux, c'est un bon comportement. John Gay considère la vertu comme un muscle à développer, c'est une habitude. La vertu nous contraint. On retrouve cette idée chez Aristote.
  3. La loi positive, civile, qui s'accompagne souvent d'une menace (peur du gendarme aujourd'hui par exemple).
  4. Enfin, l'autorité de Dieu. On distingue deux points de vue:
  • Soit on pense que par la contemplation des oeuvres de Dieu nous allons recevoir l'illumination et, transcendait par elle, voir ce que Dieu veut que nous fassions. C'est donc une obligation d'accomplir son voeu.
  • Soit on pense que Dieu a une position d'artisan face à sa création, qu'il nous a conçu avec un but, un objectif, celui d'être heureux et qu'il est donc impossible de s'en soustraire.

On retrouve ces pensées dans sont oeuvres A Dissertation Concerning the Fundamental Principles and Immediate Criterion of Vertue. On entre dans une sorte de théodicée Leibnizienne (rappelez vous: Dieu est bon même si le mal existe dans notre monde car il a vu tous les mondes possibles et il a choisi le moins mauvais de tous). Le bonheur de l'humanité peut alors devenir le critère de la vertu.

portrait.jpgDonc puisque nous devons tous poursuivre le salut de notre âme et que pour contenter Dieu nous devons accomplir des actions vertueuses et que le critère de la vertu c'est le bonheur non pas de UN mais du plus grand nombre, il faut que je surveille que mes actions soient vertueuses, c'est à dire qu'elles ne nuisent jamais et qu'elles augmentent le bonheur du plus grand nombre.

 

John Gay

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